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Amaranth ~ L'arbre robot fleurit sa tombe
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Patate cosmonaute
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Messages : 53
Date d'inscription : 24/09/2016
Avatar : Holland Roden
Patate cosmonaute
MessageSujet: Amaranth ~ L'arbre robot fleurit sa tombe Dim 16 Oct - 11:38


Amaranth Morgane Birdsong
« On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu'à entendre un chant villageois du XVe siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d'hommes n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.»



Entretien avec un(e) humain(e)


Salut toi ! J'me présente, je m'appelle Henri, je voudrais bien réussir ma vie et du coup, je fais une étude sociologique sur les divers groupes qui peuplent cette bonne vieille Terre et, miracle, t'as croisé mon chemin ! T'as du temps à m'accorder ? Ouais ? Super !

Dis-moi, j'suis curieux, si tu m'en disais un peu plus sur toi ? Ton nom pour commencer, ce serait déjà bien ! Amaranth Birdsong Hm, intéressant, intéressant, dis-moi, ça vient d'où, ce nom ? C'est un nom français, mais disons que mon père était anglais d'où la consonnance, mais gardez français, j'apprécie Ah, je me disais bien. T'aurais pas un petit lien de famille avec un de mes potes ? On allait au lycée ensemble, c'était le bon vieux temps. Enfin, pardon, je m'égare. D'ailleurs, en parlant de lycée, t'as fini depuis un temps, maintenant, toi, non ? T'as quel âge, si c'est pas indiscret ? 28 ans Ah, la fleur de l'âge, ça ! Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? Herboriste. T'as un copain, une copine (ou les deux, hein, je discrimine pas), t'as des gosses, t'es marié ? Tu en poses des questions ! J'étais mariée, puisque maintenant j'ai hérité du statut de veuve. Personne ne me croit quand je le leur dis et pourtant, mon mari est décédé d'un cancer, le cas unique sur un million. Autant vous dire que je m'en serai bien passé. Je suis plutôt hétérosexuelle mais ne regarde plus vraiment les hommes depuis quelques temps. On t'a jamais dit que tu ressemblais à Holland Roden, au fait ? Ah, je parle trop ? Désolé, je m'emporte, je m'emporte.

C'est que, tu vois, juste avant, j'ai rencontré un type qui se prétendait un dieu. Non, pas Dieu avec un grand D, un dieu...mais non pas au lit. Juste un dieu, comme Zeus et tout ça. Pourquoi ça m'affecte autant ? Je sais pas, j'ai toujours un peu cru à ces trucs-là, aux anges, aux démons, aux dieux, tout ça, pas toi ? Euh non, je crois plutôt que tu divagues. Quoi que... je sens qu'il se produit des choses étranges, sans que je sache ni quoi ni comment, je le ressens... il n'y a qu'à voir cette nouvelle faculté qui est apparu un peu comme sortie de nulle part Ça m'a toujours fasciné, comme cette histoire d'Apocalypse. J'ai croisé des gens qui en parlaient dans le métro, ils avaient l'air super sérieux. Y'a un nouveau film là-dessus, peut-être ? T'en penses quoi, toi ? Je suis athée alors l'Apocalypse surnaturelle, c'est un peu comme me dire que nous ne pouvons échapper à notre destin. Bullshit.

Mon étude ? Oh ouais, j'avais presque oublié, merci de me le rappeler ! Parle-moi un peu de toi, alors, ce qui fait de toi quelqu'un de spécial, tes petits tics, ton caractère, tout ça en somme. Je suis sorcière, enfin dis comme ça, ça fait un peu peur. Attendez un peu que je vous raconte mon histoire et vous comprendrez de quoi il en découle. Sinon on dit de moi que je suis sophistiquée, cultivée, douce, humble, solitaire, artiste, amoureuse des romans, altruiste, franche, et que j'ignore ma propre puissance. En France, j'avais un petit côté ambitieux, manageurial, et déterminé, chose qui a radicalement changé depuis Londres. Disons que tout est différent, tout est autre, et qu'il faut quelque part composer avec ces nouveautés.

Et bien merci beaucoup, ça a été un plaisir de bavarder avec toi ! A une prochaine fois peut-être ?


Il était une fois


Il y a des vies que l'on envie, des existences dont on ne voit qu'une fenêtre mais qui nous inspire suffisamment pour la désirer également. C'était ainsi que mes amies considéraient mon existence, la vie mondaine d'une femme qui avait eu la chance de trouver un bon parti en guise de mari, belle, intelligente, brillamment diplômée, dotée d'une famille en or et d'un entourage soudé. Leur perception me paraissait tellement erronée, pourquoi m'envier alors qu'elles pouvaient également obtenir à l'identique, si seulement elles se concentraient davantage sur leur réussite ? Rien ne leur serait moins accessible, du moment que les efforts se condensaient efficacement sur leurs atouts, leurs points forts. Je n'avais jamais compris qu'une femme m'envie d'être un ingénieur spécialisée en robotique, surtout lorsque celle-ci fuyait en voyant une ligne de code ou un composant mal soudé sur une carte de circuit imprimée. Le titre, certainement la faisait sans doute pâlir de jalousie, mais à cela, il y avait derrière bien d'autres choses plus intéressantes, plus enthousiasmantes que le port d’un nom, d’une entité. A cela s’ajoutaient les responsabilités propres à notre statut, qu’il fallait honorer par tous les moyens. Je partageais ces valeurs avec mon mari, celui que j’avais à la fois adoré et pleuré à la fois. Notre décennie de différence importait peu, puisque nous marchions sur le même chemin, avec un mode de pensée très similaire mais des façons de procéder bien différentes. Un équilibre bien dosé, tant et si bien que le mariage n’attendit pas des années d’hésitation pour savoir si tout irait comme il se doit : nous étions plutôt efficaces dans notre manière de décider, du moment que tout fonctionnait.
C’était il y a 5 ans. J’étais en stage de fin d’études lorsque je m’amourachais de lui. Il travaillait dans un autre département, ce qui ne créa aucun conflit interne : il n’était pas mon chef.

Des projets, nous en mûrissions de nombreux, bien qu’en bons carriéristes, nous n’étions pas prêts à avoir une flopée d’enfants rapidement. Et puis finalement, la vie sortit ses cadavres du placard pour diagnostiquer mon mari d’un cancer, avancé au stade 4. Ce fut rapide : 6 mois après la découverte de la maladie, il mourut dans mes bras sur son lit d’hôpital, une nuit où les flocons de neige s’écrasaient contre la fenêtre de la chambre désormais dénuée de sens. Deux ans déjà mon existence n’a plus de sens. Que rien ne pourra y changer. Le monde continua de tourner, tandis que je me focalisais sur tout ce qui m’appelait à son souvenir : aller au boulot et voir son bureau vide, ou, sous peu, remplacé par quelqu’un d’autre me rappelait ce que j’avais perdu. Cette maison, investie ensemble pour notre future famille perdait tout son sens puisqu’il manquait le chef de projet pour contribuer à sa faisabilité. Je ne souhaitais pas le remplacer. Pas maintenant. J’avais peur de lui manquer de respect en changeant toute cette vie. Ma famille me soutenait, corps et âme, jour après jour, me donnant l’impression que je ne saurais plus me remettre sur pieds. Une année après l’enterrement, ce fut assez : Londres fut la destination choisie à un nouveau départ, loin de ce vide de souvenirs auxquels je ne savais plus faire face. Ce fut mon père qui me raconta un jour que j’étais née sous deux entités, deux cultures, et que peut-être repartir à la découverte de celle avec lequel j’étais moins familière pourrait donner un vent nouveau à cette existence maussade à laquelle je n’avais plus d’objectif, de but.

La capitale du Royaume-Uni m’ouvrit ses portes avec un étonnement souffle de nouveauté. Tout apparaissait différent, de l’architecture des bâtiments à cette langue que je maîtrisais sans véritablement la pratiquer. Une nouvelle opportunité m’ouvrait grande sa porte pour me laisser entrer si seulement j’en avais l’envie. L’industrie du pays n’était pourtant pas le meilleur des berceaux pour démarrer de nouveau, même si la première idée résidait dans l’ouverture d’une filiale via une entreprise japonaise avec lequel j’avais conservé de bons contacts. Un beau projet, ambitieux par sa faisabilité, mais j’y croyais malgré tout. Il fallait que je sorte de ma tanière, après six mois dans l’oubli, six mois sans vie, six mois où j’avais tout lâché, même mon travail qui me changeait les idées.
Sauf que rien ne se produisit comme prévu.
Un agacement, une joie, un énervement, et tout se déplaçait autour de moi. Des plantes poussaient lorsque mes doigts se retrouvaient au contact de la terre, n’importe quand, n’importe où. Comment était-ce possible ? Encore ce stupide fantôme d’un mari mort qui me faisait perdre la tête. J’en ai presque hurlé le jour où le savon a volé sur la tête du chien aboyant à minuit passée. Il n’a plus jamais bronché depuis d’ailleurs. Des semaines passèrent sans que je ne comprenne ce qu’il se passait. Je n’osais même pas sortir de ce nouvel appartement tant je craignais d’être internée dans un hôpital psychiatrique. Ma voisine me prit en flagrant délit, un jour, sans pour autant en paraitre véritablement étonnée. C’est à elle que je dois cette renaissance, puisqu’elle m’expliqua que j’avais un don dont j’ignorais l’existence jusqu’alors. Quelles fouilles dans la généalogie familiale pointèrent la présence de sorcellerie chez mes aïeules. Des fabulations aurais-je dit quelques années plus tôt. J’étais bien trop scientifique pour croire en ce genre de phénomènes et malgré tout il fallait bien reconnaitre que les actes parlaient d’eux-mêmes. Quel est le but de tout ceci, comment peut-on l’expliquer avec des théories, des concepts, des formules mathématiques ? Je n’ai pour l’instant pas trouvé la réponse, ce qui pousse machinalement de plus en plus d’interrogations.

Depuis que je suis installée ici, je me sens quelque peu mieux. Les premiers projets à mon arrivée ont été largement modifiés, tournés désormais vers ce don pour lequel je pourrais tirer un certain profit et gagner ma vie. C’est assez thérapeutique en fin de compte, de se découvrir de nouvelles facultés pour lesquelles on apprend à se dépasser quand auparavant tout semblait guidé, axé d’avance. Le monde change, et moi avec. Et même si je n’ai pas toutes les réponses, même si j’essaie encore d’allier mon passé avec ce présent pour le moins étrange, il y a comme un souffle positif actuel. En espérant qu’il dure.    


Dessine-moi un mouton



Elle est bien belle cette histoire mais elle ne résume qu'un petit morceau de ce que je suis, de mes centres d’intérêts parfois douteux pour une scientifique, et de ces particularités que peu comprennent en fin de compte. J’apprécie les livres, j’en dévore dans tous les sens du terme à chaque fois que mon intérêt se porte sur un ouvrage. Je ne peux m’arrêter qu’une fois rassasiée de cette connaissance à laquelle je ne savais pas grand-chose en commençant la lecture et qui me donne une certaine satisfaction une fois la dernière page lue, et la quatrième de couverture refermée derrière moi. Personne ne saurait imaginer toutes les personnes qu’un simple livre peut engendrer, et pourtant, bien que la lecture se fasse en solitaire, elle rassemble les intellectuels de ces contrées autour d’une même table, ronde de surcroît. Et puis finalement on croise celui avec qui on s’est laissé entrainer l’espace d’une nuit. C’est ce qu’il s’est passé avec Jeremy, quand cette nuit a été celle de l’écart, de l’oubli. Ce ne fut pas très compliqué, à mon grand étonnement de tomber dans les bras d’un homme. D’un point de sentiments, c’est différent, et je ne suis pas prête à retrouver ce genre de choses. Il a le même âge que mon défunt mari… mais lui ignore toutes ces choses et bien que nous nous croisions régulièrement à la bibliothèque universitaire, il a été convenu entre nous de rester amis. Une fois de plus, je m’y rends, dans cet endroit immense, où je n’aurais jamais le temps de tout lire, de tout découvrir. Mes doigts déjà s’agitent nerveusement, en grande hâte de découvrir quelque chose de nouveau, d’excitant, de palpitant. Tout semble si différent à chaque fois que je m’y rends, et pourtant je le connais cet endroit, par cœur même. Mon rendez-vous hebdomadaire, c’est dans cet immense endroit où je me perds parfois des heures sans savoir m’arrêter avant la fermeture.

Ce jour, ce n’est pas une épopée qui m’intéresse, encore moins un ouvrage traitant de philosophie, mais bel et bien Ce n’est pas Jeremy sur lequel je tombe, comme j’aurais pu le penser. C’est sur une autre figure que je connais également bien. Ou plutôt non, nous ne nous connaissons pas véritablement au fond. Les apparences nous changent en une image superflue avec laquelle nous nous mettons en scène, nous jouons. Et finalement, cette femme hormis cette langue que j’affectionne énormément et qu’elle maitrise, nous ne sommes et ne demeurons que deux inconnus pour lesquelles tout nous sépare. Et si au fond nous étions plus proches que nous n’espérions le croire ? Après tout j’ai moins aussi mon petit secret… celui de déplacer ces objets inanimés et les placer à ma guise, selon ma propre volonté… comme je redoute cette force que je ne maîtrise pas, comme je redoute que quelqu’un ne découvre mon pouvoir pour l’user à des fins néfastes… Et si je n’étais pas la seule anomalie existante en fin de compte ? Tout serait possible… Absolument tout.


De l'autre côté du voile


Pseudo : Brimbelle
Âge : Majeure et +
Joues-tu un inventé ou un prédéfini ? prédéfini avec sauce inventée
Comment as-tu découvert le forum ? Trainée de force par le fonda  Sad
Comment le trouves-tu ? Je vais beau, avec plein de paillettes et des cacas arc-en-ciel
Code du règlement : Okay by Cal  coeur
Quelque chose à ajouter ? A mort les monstres !




Dernière édition par Amaranth Birdsong le Dim 16 Oct - 14:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Amaranth ~ L'arbre robot fleurit sa tombe Dim 16 Oct - 13:59
Amaranth M. Birdsong a écrit:
Comment as-tu découvert le forum ? Trainée de force par le fonda  Sad

Comment ça traînée de force ? shakefist

Sinon...graou, bienvenue ma belle hihi




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Mama take this badge from me I can't use it anymore It's getting dark too dark to see Feels like I'm knockin' on heaven's door Mama put my guns in the ground I can't shoot them anymore That cold black cloud is comin' down Feels like I'm knockin' on heaven's door ▲ Bob Dylan
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Amaranth ~ L'arbre robot fleurit sa tombe
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